Bull a inauguré le 2 octobre à Angers un nouveau bâtiment de production de 10 700 m² qui lui permet déjà de passer de six à douze racks de supercalculateurs assemblés par mois. Derrière l’annonce politique sur la souveraineté numérique, c’est surtout une réorganisation complète des flux d’une usine historique, menée par phases jusqu’en 2028.
Plan de l'article
Que produit exactement l’usine d’Angers ? #
Le site angevin n’usine pas de pièces et ne fabrique pas de puces. Son métier est l’intégration : concevoir, assembler, tester et valider des supercalculateurs, des infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle et des serveurs d’entreprise. Des technologies quantiques doivent aussi y être intégrées à terme, selon Solutions Numériques.
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L’unité de production est le rack, une armoire qui regroupe serveurs, alimentation et connectique. Chaque rack sortant d’Angers doit être monté, câblé puis éprouvé avant de partir chez le client. C’est cette chaîne d’assemblage et de test, plus que la fabrication elle-même, qui détermine la cadence du site.
Comment une usine double-t-elle sa cadence ? #
Le choix de Bull est celui d’un bâtiment neuf, conçu autour du flux plutôt que d’un agrandissement de l’existant. D’après Le Journal des Entreprises, le site total couvre 20 000 m², dont 10 700 m² consacrés à la production, et l’investissement de 80 millions d’euros a été confié à Alter Cités.
Les objectifs affichés sont classiques pour une modernisation de ce type : capacité doublée, productivité en hausse de 30 %, coûts de maintenance des bâtiments en baisse de 30 %. Le dernier point rappelle qu’un vieux bâti industriel coûte cher à entretenir et à adapter, surtout pour des équipements dont l’alimentation électrique et la dissipation thermique sont exigeantes.
Une reconstruction par phases
Le bâtiment inauguré n’est que la première étape. L’ancien bâtiment de production doit être reconverti en zone logistique, et la reconstruction complète est désormais attendue en 2028, contre 2027 initialement. Ce découpage permet de basculer la production dans les nouveaux locaux avant de libérer les anciens, une méthode courante pour éviter l’arrêt d’une ligne en activité.
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Séparer clairement production et logistique dans deux bâtiments distincts a aussi un intérêt de méthode : les flux de réception des composants, de montage et d’expédition des racks finis ne se croisent plus, ce qui réduit les manutentions et les temps d’attente.
Des commandes qui justifient l’investissement #
La montée en cadence répond à un carnet de commandes chargé. Solutions Numériques cite le supercalculateur Alice Recoque destiné au CEA, avec 94 racks, et le système finlandais LUMI-AI, un contrat de 388 millions d’euros présenté comme le plus important du groupe. Bull dit avoir remporté 15 des 18 appels d’offres lancés dans le cadre européen EuroHPC.
Si les commandes suivent, le groupe estime pouvoir monter jusqu’à 24 racks par mois en 2027, soit à nouveau un doublement. Le nouveau bâtiment a donc été dimensionné avec une marge, ce qui évite de relancer des travaux à chaque palier de croissance.
Open Factory : partager l’outil industriel #
Bull, détenu à 100 % par l’État depuis le 31 mars après son rachat à Atos, compte aussi rentabiliser son usine en l’ouvrant à d’autres industriels. Baptisé Open Factory, ce programme a pour premier partenaire le taïwanais Foxconn, qui annonce plus de 120 millions d’euros d’investissements en France, principalement à Angers.
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Selon Solutions Numériques, le partenariat porte sur la production en Europe de systèmes Nvidia : une partie de la fabrication et des premiers tests aurait lieu en République tchèque, l’assemblage final étant réalisé à Angers. D’autres collaborations doivent être annoncées début 2027.
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a résumé l’enjeu lors de l’inauguration : « il est impératif que la France et l’Europe maîtrisent leurs propres capacités de calcul ». La part de composants européens atteindrait environ 70 % aujourd’hui, la mémoire restant le principal point faible.
Questions fréquentes #
Combien de personnes travaillent sur le site d’Angers ?
Environ 250 personnes, sur quelque 3 000 salariés pour l’ensemble du groupe Bull, selon Le Journal des Entreprises.
Quelle est la cadence actuelle de l’usine ?
Douze racks par mois depuis la mise en service du nouveau bâtiment, contre six auparavant, avec un objectif pouvant aller jusqu’à 24 racks mensuels en 2027.
Quand le chantier sera-t-il terminé ?
La reconstruction complète du site est prévue pour 2028, l’ancien bâtiment de production devant devenir une zone logistique.




