Purina à Marconnelle : quatre extrudeurs et un entrepôt automatisé pour gagner 70 000 tonnes

À Marconnelle, dans le Pas-de-Calais, Purina a dressé le 1er octobre le bilan de cinq ans de travaux dans sa plus grande usine française : 160 millions d’euros investis, dont quatre nouveaux extrudeurs et un entrepôt automatisé. Un bon cas d’école pour comprendre comment un site de procédé continu gagne de la capacité sans pousser les murs.

En bref
• 160 millions d’euros investis en cinq ans sur le site de Marconnelle, selon Purina.
• Quatre nouveaux extrudeurs, présentés comme un gain de 70 000 tonnes de capacité.
• Un entrepôt où des véhicules autoguidés déplacent les palettes, et des emballages mono-matériaux sur toutes les lignes.
• 226 000 tonnes produites en 2025, soit 749 000 palettes expédiées.

Qu’a annoncé Purina pour son usine de Marconnelle ? #

Le communiqué, relayé par Le Journal des Entreprises, chiffre à 160 millions d’euros les investissements réalisés en cinq ans sur ce site de croquettes pour chiens et chats. Il s’agit d’un montant déclaré par l’entreprise, sans détail poste par poste.

Le site produit, d’après Purina, la totalité des croquettes Friskies vendues en France et 84 % des croquettes Purina One. Il a fabriqué 226 000 tonnes de produits en 2025.

À lire Guide complet du rafraîchisseur d’air mobile : flexibilité maximale pour les petits espaces

Le groupe ajoute avoir consacré 345 millions d’euros à ses cinq usines françaises entre 2020 et 2025. Là encore, ce sont des données de l’entreprise.

Pourquoi l’extrudeur est-il le cœur du procédé ? #

Dans une usine de croquettes, l’extrusion est l’étape qui transforme un mélange de céréales, de protéines et d’eau en granulés. La pâte est poussée par une ou deux vis dans un fourreau chauffé, sous pression, puis forcée à travers une filière qui lui donne sa forme. À la sortie, la détente brutale fait expanser le produit.

C’est une opération continue, où débit, température, humidité et vitesse de vis se règlent ensemble. Toute la ligne en aval, séchage, enrobage, refroidissement et conditionnement, est dimensionnée sur son débit. Ajouter un extrudeur, c’est donc souvent déplacer le goulot d’étranglement plutôt que le supprimer.

Purina présente ses nouveaux équipements comme une technologie brevetée, sans en préciser le fonctionnement. Le gain annoncé, 70 000 tonnes, représente environ un tiers de la production de 2025.

À lire Comment poser un problème efficacement avant de le résoudre avec la méthode QQOQCP

Comment le site a-t-il augmenté sa capacité par étapes ? #

Marconnelle n’en est pas à son premier chantier. En novembre 2020, le même journal rapportait un investissement de 48 millions d’euros pour deux nouvelles lignes et l’agrandissement du centre de distribution automatisé. L’objectif était alors de gagner 35 000 tonnes par an, pour une capacité d’un peu plus de 200 000 tonnes.

Cette progression par paliers est typique des industries de procédé. Plutôt qu’une usine neuve, on ajoute des modules, on désengorge le stockage et l’expédition, puis on recommence quand le marché suit.

L’entrepôt automatisé joue un rôle aussi important que les extrudeurs. Si la production augmente d’un tiers, la logistique interne doit absorber autant de palettes en plus : d’où les véhicules autoguidés, que Purina présente comme une étape de la transformation digitale du site.

Que change le passage aux emballages mono-matériaux ? #

Toutes les lignes de conditionnement ont été converties vers des emballages composés d’un seul matériau, que l’entreprise dit entièrement recyclables dans les filières françaises.

À lire Pourquoi la cartographie de la chaîne de valeur devient essentielle pour optimiser vos processus industriels

Pour un responsable de production, ce type de changement touche directement les machines : nouveaux films, nouveaux réglages de soudure, essais de tenue et de vitesse de ligne. C’est le genre de projet qui se gère comme un changement de procédé à part entière, avec qualification et suivi du taux de rebut.

Quel lien avec l’amont agricole ? #

Purina met aussi en avant son approvisionnement local : 127 fournisseurs locaux et 70 millions d’euros d’achats dans le Pas-de-Calais, surtout en céréales. Près de 250 agriculteurs des Hauts-de-France sont accompagnés dans le programme Sols Vivants de la Earthworm Foundation.

Du point de vue du procédé, la régularité de la matière première compte autant que la machine. Une extrusion stable suppose des céréales dont l’humidité et la composition varient peu d’un lot à l’autre, ce qui donne un intérêt industriel concret à une filière proche et suivie.

Questions fréquentes #

Où se trouve l’usine Purina de Marconnelle ?

Dans le Pas-de-Calais. Purina la présente comme sa plus grande usine française, avec 226 000 tonnes produites en 2025.

À lire Ne pas confondre processus, procédure et mode opératoire : explication claire et pratique

Qu’est-ce qu’un extrudeur dans l’agroalimentaire ?

Une machine à vis qui cuit et met en forme une pâte sous pression et à chaud, puis la fait passer par une filière. Elle sert pour les croquettes, les céréales du petit-déjeuner ou certains snacks.

Les 160 millions d’euros sont-ils vérifiés ?

C’est le montant annoncé par Purina dans son communiqué du 1er octobre 2026. Aucun détail indépendant ne le décompose à ce jour.

Industrie Processus est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :

Dans la même rubrique : Méthodes