BASF et le groupe chinois Highsun Holding Group (HSCC) étudient le regroupement de leurs activités européennes de polyamide 6 dans une coentreprise détenue à parts égales. Les deux industriels ont signé le 19 octobre un protocole d’accord non contraignant. Rien n’est encore décidé, mais l’annonce dit beaucoup de l’état de la chimie de base en Europe.
- BASF et HSCC évaluent une coentreprise 50/50 sur toute la chaîne de valeur du polyamide 6 en Europe.
- Leurs activités d’extrusion hors Amérique du Nord pourraient être intégrées au projet.
- Les plastiques techniques en aval restent en dehors du périmètre.
- Le protocole n’engage pas les deux groupes : aucun montant ni calendrier n’est annoncé.
Plan de l'article
Ce que prévoit le protocole d’accord #
Selon le communiqué publié par BASF le 19 octobre, les deux groupes vont examiner la mise en commun de leurs activités européennes de polyamide 6 (PA6), depuis les précurseurs jusqu’au polymère. Le périmètre étudié comprend aussi leurs activités d’extrusion dans le monde, à l’exception de l’Amérique du Nord.
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Une limite est posée d’emblée : les activités aval de plastiques techniques des deux entreprises ne font pas partie de l’évaluation. Autrement dit, BASF garde la main sur les compounds et les grades techniques destinés à l’automobile ou à l’électricité, qui sont mieux valorisés que le polymère de base.
Des équipes projet ont été constituées pour faire avancer l’étude. Le communiqué ne donne ni valeur de transaction, ni capacités de production, ni date de décision.
Quels sites sont concernés ? #
Côté BASF, le communiqué cite les sites qui produisent du PA6 et ses précurseurs : Ludwigshafen en Allemagne, Anvers en Belgique, mais aussi Caojing en Chine et Freeport au Texas. Seules les activités européennes entrent dans le périmètre principal de la coentreprise.
HSCC, de son côté, dispose de bases industrielles dans les provinces chinoises du Fujian, du Jiangsu et du Guangdong, ainsi qu’à Limbourg, aux Pays-Bas. Le groupe, fondé en 1984 et basé à Changle, près de Fuzhou, se présente comme le premier producteur mondial de caprolactame et exploite 31 centres de production.
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Pourquoi le caprolactame est au cœur du sujet #
Le polyamide 6 est obtenu par polymérisation du caprolactame. Maîtriser ce monomère, c’est donc maîtriser l’essentiel du coût de revient du polymère. C’est là que l’alliance prend son sens industriel : BASF apporte des sites européens intégrés à ses grandes plateformes chimiques, HSCC apporte un volume de caprolactame à l’échelle mondiale.
Le PA6 sert ensuite à fabriquer des fibres textiles, des films d’emballage et des pièces moulées. BASF cite justement l’emballage et le textile comme marchés clients principaux. Ce sont des marchés de volume, où la différence se joue sur le coût par tonne et sur le taux d’utilisation des installations.
Le taux d’utilisation, nerf de la guerre
Une unité de polymérisation conçue pour tourner en continu supporte mal les marches réduites. Quand la demande baisse ou que des importations moins chères arrivent sur le marché, les coûts fixes se répartissent sur moins de tonnes et la marge s’effondre. Les deux groupes mettent d’ailleurs en avant une meilleure utilisation des actifs et une réduction des coûts parmi les objectifs de l’opération.
Ce que disent les dirigeants #
Pour Markus Kamieth, président du directoire de BASF, « the European chemical industry needs to become more competitive » : l’industrie chimique européenne doit gagner en compétitivité, et le groupe entend accompagner activement cette évolution. Chen Zhong, président de HSCC, évoque de fortes synergies et des produits plus compétitifs pour les clients.
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Le vocabulaire est celui de la consolidation. Il ne s’agit pas d’un investissement dans de nouvelles capacités, mais d’un rapprochement destiné à faire tourner mieux et moins cher des installations existantes.
Un signal pour la chimie de base européenne #
L’annonce s’inscrit dans une période difficile pour les grands intermédiaires chimiques en Europe : coûts de l’énergie élevés, surcapacités en Asie et pression des importations. Comme le souligne L’Usine Nouvelle, le projet vise d’abord à améliorer l’utilisation des capacités et à réduire les coûts.
Le choix d’un partenaire chinois, premier producteur mondial du monomère, est révélateur. Plutôt que de subir la concurrence asiatique sur le caprolactame, BASF étudie une association avec l’un de ses principaux acteurs. Pour les transformateurs européens de PA6, l’enjeu sera de savoir si la coentreprise garantit la continuité des approvisionnements depuis les sites européens.
Ce qu’il faudra surveiller
Plusieurs étapes restent à franchir avant qu’une coentreprise voie le jour : la conclusion d’un accord engageant, puis l’examen par les autorités de la concurrence, qui regarderont de près un rapprochement entre deux acteurs importants du même marché. Le sort des équipes et des unités de Ludwigshafen et d’Anvers dépendra aussi des arbitrages faits par la future structure.
Ce qu’il faut retenir pour les industriels #
Pour les acheteurs de polyamide et les plasturgistes, rien ne change à court terme : le protocole n’engage pas les signataires et les contrats en cours restent ceux de BASF. En revanche, l’annonce confirme une tendance de fond dans la chimie européenne. Les grands groupes cherchent à sortir des activités de volume ou à les partager, pour concentrer leurs moyens sur les produits de spécialité.
Pour suivre l’évolution du dossier, la référence reste la salle de presse de BASF, qui publiera les prochaines étapes.
Questions fréquentes #
La coentreprise BASF-HSCC est-elle décidée ?
Non. Les deux groupes ont signé un protocole d’accord non contraignant le 19 octobre. Ils étudient le projet, sans engagement à le conclure.
Quelles activités de BASF sont exclues ?
Les activités aval de plastiques techniques des deux groupes ne font pas partie du périmètre étudié.
Qu’est-ce que HSCC ?
Highsun Holding Group est un groupe chinois fondé en 1984 dans le Fujian, qui se présente comme le premier producteur mondial de caprolactame, le monomère du polyamide 6.



