K2 Process inaugure son usine de cartes électroniques près d’Arras, avec une R&D en Inde

Une ligne de report de composants, un atelier de moins de 800 m² et une équipe de recherche installée à plusieurs milliers de kilomètres : c’est l’organisation que K2 Process a présentée le lundi 2 novembre 2026, lors de l’inauguration officielle de son site de Wancourt, au sud d’Arras. Le fabricant de cartes électroniques sur mesure y produit pour le compte d’industriels qui conçoivent leurs cartes mais n’ont pas les moyens de les fabriquer. Son modèle, qui sépare la conception en Inde et la production dans le Pas-de-Calais, illustre une manière d’organiser la sous-traitance électronique au plus près des clients.

Un site de production dans la zone Artoipole #

Selon le reportage d’Horizon Actu publié le 3 novembre, le bâtiment de la zone d’activités Artoipole couvre 1 250 m², dont 795 m² consacrés à l’atelier de production. Des machines y déposent de minuscules composants sur les circuits imprimés, certains à peine visibles à l’œil nu. L’ambassadeur de l’Inde en France, Sanjeev Singla, avait fait le déplacement pour l’inauguration.

Les clients sont principalement des petites et moyennes entreprises industrielles. Pierrick Delbart, directeur industriel, résume le métier : « On fait de la sous-traitance de fabrication pour des gens qui peuvent concevoir des cartes électroniques, mais qui n’ont pas les capacités de les produire. Ils nous donnent leurs schémas et nous, on leur produit ce qu’ils nous demandent. »

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Une organisation en deux pôles #

La particularité de l’entreprise tient à la répartition de ses activités. La production est assurée en France, tandis qu’une équipe de douze personnes basée à Chennai, en Inde, prend en charge la recherche et le développement. « Il y a vraiment des ingénieurs là-bas qui nous aident à développer les produits. Une fois qu’ils sont développés, on vient les produire en France, au plus près de nos clients », explique le directeur industriel.

Ce découpage n’est pas anodin du point de vue des processus. Il suppose un transfert propre entre la conception et la fabrication : dossiers de fabrication complets, nomenclatures à jour, fichiers de placement des composants, règles de conception compatibles avec les équipements de l’atelier. Dans la sous-traitance électronique, c’est souvent à cette interface que se jouent les délais et la qualité. Un dossier mal transmis se traduit par des reprises, des retards d’approvisionnement ou des cartes non conformes.

L’intérêt, pour un donneur d’ordres, est de disposer d’un interlocuteur qui l’accompagne de la conception jusqu’à la fabrication, tout en gardant une production proche géographiquement. C’est l’argument que met en avant K2 Process : proposer des solutions électroniques sur mesure de bout en bout.

Un client de référence à sept kilomètres #

Le choix de l’Arrageois s’explique par un client historique installé à proximité. « Notre client principal était justement dans la banlieue d’Arras. On a développé l’entreprise en se basant sur lui au début. On est à sept kilomètres de lui », précise Pierrick Delbart.

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Cette proximité est un levier classique d’organisation industrielle. Elle réduit les délais de livraison, facilite les échanges techniques sur les prototypes et permet de réagir vite en cas de modification de série. Pour un fabricant de cartes, qui travaille souvent en petites et moyennes séries très variées, la réactivité compte autant que le prix.

De sept à une trentaine de salariés #

L’activité industrielle a démarré dans l’Arrageois en 2021 avec sept personnes. L’effectif oscille aujourd’hui entre 25 et 30 salariés, et l’entreprise vise une cinquantaine de personnes à terme. Selon les objectifs présentés par son PDG, Koumarane Kichenassamy, K2 Process ambitionne aussi de doubler son chiffre d’affaires en trois ans.

Le directeur industriel attribue cette croissance à la demande de ses clients : « On est dans une phase de croissance parce qu’on travaille pour des industriels qui ont des besoins croissants en électronique. On le voit avec l’intelligence artificielle. »

Une culture d’entreprise mixte #

La coopération entre les deux pays se retrouve jusque dans le fonctionnement interne. Les salariés peuvent participer à une séance de yoga hebdomadaire, ouverte à tous. « C’est vraiment le mélange des deux cultures, autant au niveau de l’électronique que de la culture interne à l’entreprise », résume Pierrick Delbart.

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Ce que montre ce cas pour la sous-traitance électronique #

Le cas de K2 Process rappelle que la relocalisation de la production électronique ne passe pas forcément par de grandes usines. Une unité de taille modeste, bien équipée et adossée à une ingénierie distante, peut répondre à des PME qui ont besoin de petites séries fiables et d’un fabricant joignable. La condition, du point de vue des méthodes, est une chaîne documentaire solide entre bureau d’études et atelier, et une planification capable d’absorber des commandes très différentes les unes des autres.

Reste à voir comment l’entreprise organisera sa montée en charge vers la cinquantaine de salariés : recrutements d’opérateurs et de techniciens, formation au report de composants et au contrôle, et éventuels investissements dans de nouvelles lignes. Autant de sujets que les industriels de la région suivront de près.

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